mardi 18 octobre 2016




Il faut considérer que l’ondulation ontico-ontologique dans laquelle le réel  se commet n’est qu’une simple information encodée à travers le temps par ses modes d’émergences, qu’elles soient électro-magnétiques ou génétiques (l’un précédant l’autre) : c’est à dire que l’existence des choses, le Dasein proclamé par Heidegger - leur présence au monde et non par leur substance pure -  est la seule qui soit quantifiable : Il n’y a pas d’essence, il n’y a que de la présence. Il n’y a pas de Dieu, il n’y que du divin. 

Les trois monothéismes traduisent la descente d’organe cosmique que constitue la pénétration d’une information première à travers les différentes couches de sa matérialisation, de son anéantissement, puis de sa reformulation. 

Il faut une matière non noble pour reformuler l’information, c’est le postulat de base de l’alchimie, des spéculations gnostiques, le solve coagula et l’interrogation perpétuelle de PKD : pourquoi un simple auteur de science fiction est-il à même de coaguler l’essence divine là où des anachorètes la cherchent vainement ? Il en est de même pour les différentes formes de la culture populaire, jusqu’aux plus abjectement transcendantales, comme le black metal : ces matières nébuleuses, concrétions d’abominations diverses, linéaments et scories d’archétypes enfouis dans le compost de la modernité, ont récréé une certaine idée du divin. Le black metal n’est ainsi jamais qu’une recomposition du catholicisme de combat à travers la matière non noble du satanisme sémitique et/ou des théocrases indo-européennes. 

A l’orée de la fin du XXème siècle, ce siècle qui s’est auto-capturé dans sa stratification, précisément à cause de ces boucles de signifiants générées par la corrosion de l’enregistrement, les conditions d‘une verticalité ont réussi à filtrer, comme autant de boutures émulsionnées via le slow motion du siècle, bien malgré elles, là où les formulations caduques de la théosophie maçonnique avaient fini par échouer. 

L’information première, ne cherche qu’à se reproduire à travers la matière, elle doit pour cela épouser les courbes infâmes et les pénétrations boueuses du cosmos pour arriver jusqu’à nous : elle se plie, elle se tord, et nous n’en voyons que la grimace, que les empreintes qu’elle laisse de ses noces surconsommées avec la lie interstitielle du réel. Par miracle elle a su se reproduire et trouver de quoi provoquer sa propre émulsion avec les éléments les plus stercoraires de la modernité : la littérature de bas étage, la musique profane électrifiée, le cinéma, art du Verbe qui a odieusement germé et qui s’est reproduit par coupes et sautes de sens. 

Quelque chose s’est transmis dans les blancs sur la carte créé par les mondes factices, dans les songes de silicium, dans la répétition erronée de certains caractère d’imprimerie. Là où les système de pensée ont péri et donné lieu à ces monstruosités que sont les démocraties occidentales, la Tradition a re-nervé les sous couches populaires de la modernité et un monde-palindrome s’est créé en retour dans les feuillets imbibés de colle et les cartons d’acide. 

De mêmes les drogues ne sont que des noms accolés à des récepteurs : il n’y a pas de drogue, il n’y a pas d’art, il n’y a pas de médicaments : il n’y a que l’information qui se cherche un chemin à travers nous et qui pour cela multiplie les occurrences de sa Verbalisation.

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