jeudi 3 novembre 2016





Donc, nous vivons après la Chute, et la segmentation des savoirs, des techniques, la spécialisation des connaissances, dérivent directement de cette chute, de cette paramnésie qui est comme une arborescence inversée, une fontaine d'énergie filtrée par des cercles de matière et de temps de plus en plus voraces. Chaque être humain est en quelque sorte une chute stratifiée, un mouvement descendant qui a été codé et dont l'écho vacillant est émulé quelque part dans le brouillard analogique de ses manifestations corrompues. Le temps, la matière ne sont que des émulations de la distance entre Dieu et le vide. Nos cerveaux et leurs diverses couches cognitives, qui se cristallisent avec "l'évolution", nous empêchent de distinguer le monde, nous n'en voyons que l'envers. Rudolf Steiner précisait par exemple qu'un des enseignements les plus mystérieux de la Tradition était de comprendre que, dans le système solaire, les différentes planètes qui le composent sont tout simplement des incarnations de la Terre à des âges différents, voir parallèles. Le temps est en quelque sorte une plasticité noire de l'atome que nos cerveaux ont construit pour survivre à l'évidence de l'hyper-monde. En résultent l'art, la science, et l'enfoncement progressif dans les arches de boue de la matérialisation. Le cosmos tout entier n'est qu'une construction liée à un consensus cognitif qui se développe et s'engourdit, se minéralise, avec la création de paradigmes religieux et scientifiques qui sont autant de parodies de la manifestation. Le paradoxe de Fermi est donc aisément explicable par ceci : si nous ne voyons personne d'autre que nous dans l'infinité de ce cosmos grotesque, c'est parce qu'il n'est rien d'autre qu'une tapisserie holographique générée par la noosphère, qu'il n'est tout entier que le pus noir suppurant lentement de la plaie que notre reflet dans le monde a créé.

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