L'homme face à l'univers est comme un aveugle qui découvre
le monde : son toucher équivaut à l'expérience scientifique, mais celle-ci
n'est rien sans une imagination capable de traduire ses sens en images.
Imaginons plusieurs aveugles qui se réunissent et se mettent d'accord ensemble
sur les dimensions de l'espace où ils se meuvent. Les années passant, leurs
tâtonnements leur permettent de découvrir des pièces et des inclinaisons qu'ils
ne soupçonnaient guère. C'est le sens des
révolutions scientifiques, qui sont de simples changements de paradigmes liés à
l'élargissement de ces tâtonnements. La seule chose irréductible, dans cette
phénoménologisation du monde, c'est que l'homme regarde et ne voit pas : seule
son imagination lui permet de donner une forme au monde. C'est cette
imagination qu'on appelle la Foi, et cette forme qu'on appelle Dieu.
L'aporie cosmique réside dans ce fait : à mesure que l'homme prolonge son regard dans les ténèbres, un monde truqué prend forme, qui parodie par son truchement le plan initial du monde. Alors l'homme est un verrou métaphysique, un pansement qui salit le ciel, à mesure que des structures borgnes se forment sous les cals de ses mains, singeant grossièrement la forme pure de sa première acception des ténèbres.
L'aporie cosmique réside dans ce fait : à mesure que l'homme prolonge son regard dans les ténèbres, un monde truqué prend forme, qui parodie par son truchement le plan initial du monde. Alors l'homme est un verrou métaphysique, un pansement qui salit le ciel, à mesure que des structures borgnes se forment sous les cals de ses mains, singeant grossièrement la forme pure de sa première acception des ténèbres.

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