mardi 18 octobre 2016






Les trois grandes religions monothéistes ne sont que des systèmes de falsification, des supercheries organisées destinées à occulter et dissoudre les enseignements de la Gnose qui résidaient en chacune d'elles (gnosticisme chrétien, soufisme et kabbalisme). Le monde contemporain, au terme d'un principe de dévolution constant, laisse apparaître peu à peu la grossièreté de sa confection. La gnose n'a semble t-il jamais été aussi pertinente qu'aujourd'hui, alors que les pièges de nos impotents geôliers cosmiques s'enrayent et chutent. Le temps des prophètes est encore à venir.

La religion n'est qu'une déformation du sacré, qui lui même est une déformation du mythe. Le mythe définit la façon dont le monde humain produisait son propre sens alors que le cerveau était encore plastique, le mythe est le temps où « faire » et « être » n'étaient qu'une seule et même chose. L'homme n'avait pas encore déployé son regard au delà de lui-même (sommeil du cerveau bicaméral). Le temps du sacré correspond à une première dévolution, ou cristallisation du processus cognitif : l'homme se pense hors de lui, la notion de « je » présupposant celle de l'ailleurs et du tout. 

Le sacré s'organise déjà autour de cette subdivision, la Chute peut commencer. C'est le mythe de Sophia dans la Gnose, éon émanant du Principe Premier qui prend le risque de vouloir voir le Plérôme dans son entièreté : ce premier regard, cette pulsion scopique créé la division, génère l'existence même de notre prison : le Cosmos, qui n'est qu'une minuscule réduction phénoménologique du monde transcendant. Un monde où tout meurt et se rétracte, organisé et segmenté par autant de rouages aporétiques : les planètes, qui décident des cycles, et sont à l'origine du monde mécanique capturant la matière première de nos âmes dans des prisons de chair. Dans ce monde dévolué, métastasié, qui n'est qu'une stratification de la Chute, vient l’ère du religieux : l'adoration pour des effigies construites à la hâte sur les ruines du mythe.



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