Les trois grandes religions
monothéistes ne sont que des systèmes de falsification, des supercheries
organisées destinées à occulter et dissoudre les enseignements de la Gnose qui
résidaient en chacune d'elles (gnosticisme chrétien, soufisme et kabbalisme).
Le monde contemporain, au terme d'un principe de dévolution constant, laisse
apparaître peu à peu la grossièreté de sa confection. La gnose n'a semble t-il
jamais été aussi pertinente qu'aujourd'hui, alors que les pièges de nos
impotents geôliers cosmiques s'enrayent et chutent. Le temps des prophètes est
encore à venir.
La religion n'est qu'une
déformation du sacré, qui lui même est une déformation du mythe. Le mythe
définit la façon dont le monde humain produisait son propre sens alors que le
cerveau était encore plastique, le mythe est le temps où « faire » et «
être » n'étaient qu'une seule et même chose. L'homme n'avait pas encore déployé
son regard au delà de lui-même (sommeil du cerveau bicaméral). Le
temps du sacré correspond à une première dévolution, ou cristallisation du processus
cognitif : l'homme se pense hors de lui, la notion de « je » présupposant celle
de l'ailleurs et du tout.
Le sacré s'organise déjà autour de cette subdivision,
la Chute peut commencer. C'est le mythe de Sophia dans la Gnose, éon émanant du
Principe Premier qui prend le risque de vouloir voir le Plérôme dans son
entièreté : ce premier regard, cette pulsion scopique créé la division, génère
l'existence même de notre prison : le Cosmos, qui n'est qu'une minuscule
réduction phénoménologique du monde transcendant. Un monde où tout meurt et se
rétracte, organisé et segmenté par autant de rouages aporétiques : les
planètes, qui décident des cycles, et sont à l'origine du monde mécanique
capturant la matière première de nos âmes dans des prisons de chair. Dans ce
monde dévolué, métastasié, qui n'est qu'une stratification de la Chute, vient
l’ère du religieux : l'adoration pour des effigies construites à la hâte sur
les ruines du mythe.

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