lundi 17 octobre 2016





C'est venu sans prévenir. Le voilà, pulsant de veines, vagissant, tête gondolée extraite de plis merdeux, embrenné de colle sanglante, soufflant sur les braises du con maternel l’exhalaison apophatique de son cosmos prénatal. Le voilà, l’enfant prodige ! Petit sac de chair cousu sur la virgule branlante d’une poignée de tripes et d’étoiles, jeté sur la rive sublunaire, avec les eaux usées, les fienteuses ablutions d’une matrice déligaturée, hirsute de nerfs, projeté tel un atome fissile dans la trame conspuée, au milieu des rouages du temps et de la matière, prêt à ajouter lui aussi, au grand labeur du monde, son simiesque dénouement. Machine de chair écrasée par la pesanteur, si lourd; dès son arrivée ! L’air et le monde lui tombent dessus comme des rapaces, leurs ailes décharnées lui voilent à jamais la lumière, il s’engoue dans leurs pennes immuables, dans cette poussière de l’infirme immanence qu’ils remuent à tout rompre. Le voilà à son tour réduit à une poignée de dimensions pénibles, intriqué, bête de foire, résidu d’un pet cosmique du Paraclet, réduit à cette membrane terreuse qu’on laisse pourrir dans les buanderies de l’Univers, ce placard à balais qu’est l’Espace et ses infects tores d’étoiles mortes et de systèmes solaires anéantis. La glu du temps a tout recouvert, les atomes eux même ne sont que la poussière laissée en place après que l’Infini ait déserté les alvéoles du monde…la grande marée de l’éternel s’est retirée et on ne voit, à perte de vue, que ces constructions vagissantes, gauchies par le Visible, extravasées par l‘idée même de leur existence, négations et senestres du vide ouvertes à tous vents, grappes de conques raclées où gît l'anéantissement de toute potentialité.
Fils prodige, étron à face humaine, Adam Kadmon inversé, jeté à travers la pièce comme un bouchon de champagne, il n’avait plus qu’à courber l’échine : il pouvait commencer à respirer. (musique binaire, fondu au blanc, surimpression à l’urinoir)

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