Les cités muettes de l'est, leurs chaudrons qui cueillaient d'anciens feux,
Les cieux sont des trainées livides de cendres où le brasier de nos joies s'est fendu
La plaie muette, inassouvie, qui s'agrandit à travers le tissu et que mesurent les étoiles,
L'odeur d'un âtre, quelque part, la vision d'une nuée claire et ton regard qui fait de l'ombre au passé
Silhouette
enchainée comme un fil d'or au canevas des enfances noyées, on les voit
encore,
Lentement, se dilater dans l'eau, captives de reflux inertes et
de moiteurs secrètes
J'ai vu tes cheveux, embrassés par l'onde, impossibles à peigner, seul le vent le pouvait
Ta silhouette était le fruit du jeu entre l'Eternité et les doigts frêles d'une morte empoisonnée
Elle
était déjà là, ses mains sombres ont ligoté ton coeur, capturé ta voix,
ont mis des poussières de malheur dans l'oeil du Destin
Il ne reste de toi que ta totalité, que l'ombre immense de ta vie, sur moi, comme un chant funèbre emmêlé à la joie.

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